RSS Facebook Twitter
vv
 

En meeting à Tours, François Bayrou a appelé au rééquilibrage des finances du pays et fustigé les propositions « qui conduiront au drame » émises par ses adversaires, vendredi 13 avril.

Alors qu’une partie des bourses européennes dévissait ce vendredi, François Bayrou a démarré son meeting à Tours par un avertissement. « Nous avons sous les yeux un nouveau rebond de la crise, une nouvelle vague d’inquiétude sur les pays européens », a-t-il alerté, « la France n’est pas à l’abri de cette crise, au contraire, c’est la prochaine sur la liste des pays menacés par la tourmente ». Le candidat à la présidence de la République a voulu signifier son refus d’écouter « les histoires, les illusions et les farandoles » des autres candidats, rappelant ce qui doit être le seul et unique leitmotiv : « C’est de reconstruire le pays dont nous avons besoin. Vous et moi, nous sommes des reconstructeurs ! »

« Il suffit de regarder le pays en bon père de famille, pour comprendre les problèmes qui le gangrènent »

François Bayrou a réfuté regarder la situation du pays « en observateur, en analyste ou même en candidat ». « Je regarde avant tout la situation en bon père de famille que je suis », a-t-il précisé. Racontant sa discussion avec des jeunes un peu plus tôt dans la journée, il a rapporté l’inquiétude sur l’avenir d’une génération que la situation de l’emploi, ou plutôt, l’absence d’emploi, affecte grandement. « Une jeune me racontait, avec ses mots de jeune fille : ‘Les politiques ne se rendent pas compte, quand on a notre âge, combien on flippe parce qu’on n’a pas de travail ou qu’on a peur de ne pas en avoir !’. C’est avec ces termes en tête que je pense à l’avenir de la France », a expliqué le député des Pyrénées-Atlantiques qui a décrit « un des plus brûlants des problèmes que nous avons à aborder ».

Constatant que ces sujets ne sont pas traités par les autres candidats de la campagne, François Bayrou s’est dit « estomaqué qu’ils préfèrent débattre sur le permis de conduire ou sur la viande halal ». « Ceci est une véritable trahison de l’intérêt national et du contrat démocratique avec les citoyens », a-t-il vertement dénoncé. Pour lui, les problèmes que rencontre le pays comme l’augmentation du chômage ou la diminution du pouvoir d’achat « sont le fruit du même arbre et la conséquence d’un même échec ». « On ne produit plus en France dans un très grand nombre de secteurs, ce qui nous force à acheter à l’extérieur », a-t-il souligné en rappelant que la vraie question de cette campagne est « comment recommence-t-on à produire en France ? ».

Le candidat à la présidence de la République a balayé toute réponse « fataliste » et qui blâme, pour la plupart du temps la mondialisation. »Il faut arrêter de dire ‘Que voulez vous y faire mon pauvre monsieur… C’est à cause de la Chine, c’est à cause de l’Inde, c’est à cause de la Roumanie…’ Tout ceci est un mensonge », a-t-il affirmé en écartant toute cause exogène responsable de la situation en France. « S’il est une révélation, un voile que l’on déchire, c’est que ceci n’est pas la raison de notre échec français », car « si c’était le cas, alors tous les pays européens seraient touchés ».

« Nicolas Sarkozy et François Hollande, c’est Matamore contre Matamore ! »

Adoptant la vision « d’un artisan ou encore d’un commerçant », le député des Pyrénées-Atlantiques a rappelé les réalités de gestion qui veulent que, « quand vous devez dépenser plus que ça ne rentre, alors ça va mal ». « Vous êtes assez vite en faillite, vous êtes en surendettement », a-t-il souligné, pragmatique. François Bayrou a ainsi voulu remettre les pieds de certains de ses concurrents sur terre : « Si vous attendez qu’on renverse le capitalisme international avant d’améliorer la situation de nos familles, alors vous pouvez attendre très longtemps  ». « La cause de cette situation se trouve chez nous et elle est systématiquement perpétrée par l’UMP et le PS qui se sont succédés au pouvoir depuis des années et des années », a-t-il dénoncé avec force.

Vindicatif, François Bayrou a donné son objectif prioritaire lors de cette élection : « Je suis là pour empêcher le second tour de Nicolas Sarkozy et de François Hollande ! » Pour lui, « ce second tour représente pour notre pays une série de risques grave pour le pays » en comparant ce duel a un véritable « Matamore contre Matamore ». « Tout le monde va constater notre faillite » dans les prochaines semaines, a-t-il par ailleurs prévenu. Le député des Pyrénées-Atlantiques a particulièrement fustigé les deux favoris « qui ont le même logiciel, les mêmes méthodes et la même manière de penser ».

À cela, il oppose « une nouvelle manière de penser qui n’empêche pas la France de jouer ses cartes », car la France « a autant de cartes que les autres ». « Je pense même qu’on en a plus », a-t-il ajouté. Rappelant « l’épée de Damocles » au dessus de la tête du pays, il a également appuyé son propos avec le titre de la dernière publication de Jacques Attali : « Le 7 mai : Gueule de bois ». Enfin, François Bayrou a appelé de ses vœux à l’union nationale « nécessaire et normale dans le genre de situation dans laquelle le pays se trouve ». « Même au PS et dans d’autres partis, même s’ils ne le disent pas, certains sont convaincus que j’ai raison », a-t-il expliqué en appelant à toutes les bonnes volontés au sein des partis démocratiques à se rassembler. « Sinon, on conduira le pays dans le mur, on conduira le pays dans le drame, on conduira le pays à l’effondrement », a-t-il averti.

Partager sur
  • Partager via Facebook
  • Partager via Google
  • Partager via Twitter
  • Partager via Email
 

Poster un commentaire