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Tous corrompus ?

Dans le flot de sondages incessant qui donnent l’avis des Français (ou du moins des personnes sondées) sur tout et sur rien, un sondage a retenu mon attention, celui de TNS-SOFRES pour la Matinale de Canal+ publié le 28 septembre dernier.

D’après ce sondage, 72 % des Français estiment que les politiciens sont « plutôt corrompus », et on apprend également que 83 % des moins de 35 ans pensent cela également.

Cette mésestime des politiciens atteint même un niveau record cette année, car il faut savoir que cette question est fréquemment posée depuis 1977.

Et franchement, comment en être étonné ? Au regard des affaires qui touchent la droite comme la gauche depuis des années, voire des décennies (affaire Karachi, affaire Bettencourt, affaire Guérini, plus loin : le scandale du sang contaminé, les cas de faux électeurs et tant d’autres…), il n’est pas surprenant que les politiciens et politiciennes connaissent un tel désaveu. Moi-même, qui, pourtant, appartiens, à mon humble niveau, au monde politique, j’aurai certainement répondu la même chose.

Mais si je les pense touchés par une corruption quelconque, je ne pense pas forcément à une corruption financière, aux pots-de-vin qui existent bien certainement, mais qui ne doivent pas être aussi nombreux que l’imaginaire collectif le fantasme. Non. Je pense plutôt à une corruption que je qualifierais d’éthique. Oui, une corruption éthique.

Corruption éthique dans le sens où une trop grande partie de nos représentants actuels se bat non pas pour leurs idées, ou par souci premier de représenter les citoyens dans leur ensemble, d’être leur porte-parole comme cela était, au début, leur fonction première ; mais bien pour garder leur place au sein d’un ministère, d’une assemblée, d’un conseil général, régional, bientôt territorial, tout cela pour s’assurer les avantages que ces places leurs procurent.

De ce fait, afin de garder ces places et d’en gagner d’autres, s’établissent des programmes électoraux aux promesses intenables, aux visions à court terme, aux visions biaisées par la plus vile et basse démagogie, ce qui explique pourquoi ni l’UMP, ni le PS ne proposent, par exemple, la reconnaissance du vote blanc – ce que François Bayrou propose, lui, depuis plusieurs années – ou tout autre mesure qui aurait tôt de fait de « moraliser » un peu la vie politique française de ces quarante dernières années.

De ce fait s’organisent des systèmes de copinages, de népotisme, de réseau d’untel ou d’un autre qui se modifient en fonction de la popularité de tel ou tel personnage. Et tout cela conduit à un marché d’âmes dont le principe est le suivant : celui qui se penche le plus – faisant ainsi montre d’une souplesse de convictions à en faire crever de jalousie les meilleurs gymnastes – cherche à obtenir le plus de la part du chef du moment. On pourrait, avec raison, comparer tout cela à une véritable cour digne de l’absolutisme louis-quatorzien.

Et nous, au Mouvement Démocrate, avons été victimes des conséquences de cet esprit de courtisan. Non pas, heureusement, au sein de notre formation actuelle, mais dans nos débuts. Quand, par exemple, un Hervé Morin qui se voulait fervent défenseur de la vision de François Bayrou décida après le 1er tour de l’élection de 2007 de rejoindre les rangs de l’UMP sarkozienne et de rejeter en bloc son appartenance à ce qui deviendrait le Mouvement Démocrate. Quand, suivant cet exemple, de nombreux élus de l’UDF d’alors décidèrent d’en faire de même pour garder leur place, ou pour en espérer d’autres. Et que dire des membres du PS de cette époque qui firent allégeance à Nicolas Sarkozy au lendemain de son élection ?

Est-ce pour cette raison que Jean-Louis Borloo renonce à l’élection présidentielle de 2012 ? Je n’ai, pour le moment, entendu que la réaction de Christian Jacob, président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale, et celle de Claude Allègre, ancien PS qui s’est rapproché de la Sarkozie – là aussi certainement dans l’espoir d’une place quelconque –, qui reconnaissent là la « sagesse » de Jean-Louis Borloo.

Si je suis d’accord avec eux sur l’utilisation du terme sagesse, ce n’est certainement pas pour les mêmes raisons. Eux doivent y voir une « sagesse » dans le renoncement d’une candidature qui aurait pu gêner le candidat de la majorité. Moi, j’y vois de la sagesse dans le fait que, s’il faut un centre uni, celui-ci ne peut qu’être indépendant de la droite et de la gauche, et j’espère que c’est ce même constat que Jean-Louis Borloo fait. C’est du moins ce que je comprends quand Jean-Louis Borloo reconnaît que sa candidature aurait ajouté de la confusion aux échéances qui s’annoncent.

Je les invite donc, lui et les siens, mais également d’autres, citoyens et citoyennes de droite, de gauche, du centre, apolitiques au civisme exemplaire, abstentionnistes désabusés, à ne pas soutenir Sarkozy ou tout autre candidat d’une UMP méprisant ses propres alliés, à ne pas soutenir la politique d’un autre camp qui, par démagogie électorale, promet monts et merveilles au détriment de la dette nationale déjà bien trop abyssale. Je les invite tous à rejoindre la bannière du Mouvement Démocrate et à combattre cette corruption éthique qui mine notre vie politique.

Certains me reprocheront peut-être qu’en parlant de corruption éthique, je reprenne des thèmes du Front National. A ceux-là je leur répondrai que ces derniers, si prompts à pointer du doigt tous les problèmes de notre société sans proposer de solutions sérieuses, devraient se taire. Car ils utilisent les mêmes subterfuges que ceux qu’ils disent combattre (parachutage de candidats dans des endroits inconnus de ces derniers, gonflage de CV de certains jeunes cadres de leur parti, promesses intenables, infaisables et dangereuses), tout ça non pas pour servir les Français comme ils le clament haut et fort, mais bien pour acquérir de nouvelles places institutionnelles et tenter de garder celles qu’ils ont déjà acquises et qu’ils ne méritent pas. Ils sont donc, eux aussi, atteint par cette corruption et ne la combattent que peu. Et ceux qui sont dégoûtés du monde politique comprendront aisément que voter pour ces gens-là afin de faire entendre leur ras-le-bol est loin d’être la solution.

Les politiques sont-ils tous corrompus ? Tous ? Non pas. Et heureusement ! Nombreux sont les représentants du Peuple, hommes et femmes honnêtes, à s’être battus, à se battre encore et toujours pour leurs concitoyens, pour leurs idéaux, pour leurs valeurs et à résister vaillamment, sans faiblir, à l’attrait de cette corruption (je pense notamment à Jean Lassalle).

Tout ceci, cette corruption éthique, ce système de copinage, cet esprit de courtisan, ces promesses intenables, infaisables et dangereuses pour la société, pour notre peuple, notre pays, François Bayrou les dénonce dans son dernier ouvrage « 2012 : Etat d’urgence », que je vous recommande, et propose des solutions sérieuses et réalisables, pour une vision sur le long terme afin d’améliorer notre société et de la préparer à l’avenir qui s’offre à nous, qu’il paraisse sombre comme beaucoup ont tendance à le croire en ce moment, ou radieux comme nous le désirons tous. Et je veux croire en un avenir radieux, meilleur. Je ne veux pas céder aux alarmes du fatalisme qui font le bonheur de ceux qui veulent confisquer le pouvoir de décision au peuple, ceux-là mêmes qui profitent de cette corruption éthique et que nous devons combattre.

Ce combat, c’est aussi une des raisons de mon engagement politique au sein du Mouvement Démocrate. Vouloir rendre la politique, la vie civique aux citoyens, au peuple en qui réside la souveraineté de notre Nation, vouloir rappeler que le Peuple est le seul souverain et que les représentants sont ses commis, vouloir redonner ses lettres noblesses à notre démocratie, à notre République en laquelle je crois toujours, tel est mon but final, tel est mon vœu le plus cher. Et je reste persuadé que le Mouvement Démocrate reste le seul mouvement politique capable de servir ce noble dessein.

 

Robin Maillard

Délégué Fédéral des Jeunes Démocrates de Haute-Saône

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